L'arrivée des Anglais
Entre-temps, au milieu du XVII ième siècle,
des navires marchands armés des Hollandais et des Anglais
avaient réussi à rompre le blocus des Portugais et
à établir, les uns comme les autres, leur Compagnie
des Indes orientales.
Arrivés en 1608, les Anglais ne mirent que
cinq ans à prendre pied en terre indienne, par le port de
Surat au nord de Bombay. Leur Compagnie obtint le droit de commercer.
En échange, elle détruisit la flotte portugaise et
se chargea de la protection des bateaux transportant les pélerins
à La Mecque. Sans rancune, les Portugais, en 1661, mirent
Bombay dans la dot de Catherine de Bragance et l'offrirent au roi
Charles II. Les Indiens, évidemment, ne furent pas consultés.
En 1642, la Compagnie installa un comptoir sur
la côte orientale non loin des Hollandais, au village Tamoul
de Mandaraz, nom que les Anglais prononçaient "Madras".
Plus au nord, sur la rivière Hooghly, dans le delta du Gange,
les Anglais prirent progressivement l'avantage sur leurs rivaux
européens, comprenant à présent les Français,
dans le lucratif commerce avec le Bengale et créèrent,
dès 1698, la ville de Calcutta.
L'empire moghol se disloquait. Il connut cinq souverains,
en douze ans après la mort d'Aurangzeb. Le Bengale, le Bihar
et le Rajputana faisaient sécession. Les sikhs réagissaient
violemment aux persécutions et les Mahrattes étendaient
leur pouvoir du Gujerat à l'Orissa. En 1739, Nadir chah,
roi de Perse, envahit l'Inde et mit à sac Delhi. Il emporta
le trône du Paon, qui fut détruit après sa mort.
Le torchon brûlait également entre
les Européens. Les Anglais, sous le commandement de Robert
Clive, brillant commis de la Compagnie devenu soldat, sortirent
vainqueurs d'une longue et rude lutte menée contre les Français,
d'abord animés par Dupleix, qui avait conquis Madras en 1746
pour le contrôle de la côte de Coromandel.
Craignant que les Européens ne se mettent
à morceler le Bengale comme ils avaient fait de la Région
de Madras, le nabab (prince musulman) Siraj-ud-daula lança
une attaque surprise contre le comptoir anglais de Calcutta par
une journée torride, le 20 juin 1756. Ceux qui ne fuirent
pas jusqu'aux navires furent jetés dans l'étroite
cellule du Fort William, déjà surnommé avant
ce jour funeste, le "trou noir" (la prison).
Un an plus tard, Clive écrasa Siraj-ud-daula
à la bataille de Plassey et, devenu gouverneur, plaça
sur le trône un nabab de son choix, lequel offrit en échange
500.000 livres sterling, que Clive et la Compagnie se partagèrent.
Au nom de celle-ci, il annexa un territoire de 2.330 km² au
sud de Calcutta.
Cependant, la France s'était vue évincée
des "Indes", le Traité de Paris (1763) limitant
sa présence aux comptoirs de Chandernagor, Karikal, Mahé,
Pondichéry et Yanaon.
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