| Technique
Avant d’étudier la «peinture mobile»
dite miniature, il convient de faire le point sur cette appellation
erronée, car leur taille varie, selon les cas, de la dimension
d’une feuille de dessin à celle d’un timbre poste ; il s’agit
donc soit d’une peinture, soit d’une véritable miniature.
La peinture mobile était exécutée sur palme,
étoffe, bois ou papier à base de soie, de bambou,
de jute, de coton ou de lin.
Pour réaliser une miniature sur papier,
l’artiste utilisait un papier fait à la main, dont il superposait
deux ou trois feuilles réunies par de la colle de pâte
; la surface, rendue lisse par le frottement d’une bille d’agate,
subissait alors un revêtement de colle forte qui la rendait
imperméable ; ensuite, l’esquisse de la peinture était
dessinée avec un rouge léger, facile à enlever,
recouvert de couleur blanche ; puis le tracé, si l’artiste
le jugeait bon, était modifié et précisé
par un trait noir qui, lui, était définitif. Lorsque
le peintre voulait obtenir plusieurs exemplaires du même sujet,
il exécutait un poncif en perforant son papier tout en suivant
le dessin, l’appliquait sur une surface vierge et, le saupoudrant
de poudre noire, en obtenait les contours essentiels.
Le dessin était légèrement
visible ; il suffisait alors d’apposer les couleurs, d’origine végétale
ou minérale, préalablement broyées et mélangées.
C’était une peinture à l’eau, à laquelle on
mélangeait un adhésif ; elle était ensuite
polie avec une bille d’agate et parfois vernie avec une sorte d’amidon.
De la grosseur des pinceaux, faits en poils d’animaux (chameau,
bélier, mangouste et écureuil) dépendait l’épaisseur
du trait.
Les miniatures étaient souvent le fruit
du travail collectif d’un atelier ; un artiste était spécialisé
dans les paysages ou l’architecture, un autre dans les personnages
ou les animaux. Cette collaboration, si étonnante pour la
mentalité occidentale moderne, aboutissait à la création
d’œuvres d’une réelle homogénéité et
d’une grande qualité artistique. La plupart des peintures
n’étaient pas signées ; cependant, dès l’époque
d’Akbar, l’on connaît des miniatures signées qui tranchent
sur la production courante par leur qualité exceptionnelle.
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