Castes et sectes
Le sikhisme, en théorie, ignore les distinctions
de caste. Néanmoins, des considérations de prestige
et de statut liées à la caste survivent dans le Panth.
À la ville, le statut des khatri est légèrement
supérieur à celui des arora (commerçants).
À la campagne, les jat jouissent de plus de prestige que
les kamboh (agriculteurs). Après ces castes viennent des
artisans, tels les tarkhan (charpentiers), souvent nommés
ramgarhia, suivis par les lohar (forgerons), les nai (barbiers)
et les chimba (blanchisseurs). Au bas de l’échelle sociale
se trouvent les hors-castes cuhra (balayeurs, appelés aussi
mazhabi) et camar (corroyeurs, connus également sous le nom
de ramdasia).
Quant aux différences de sectes, elles remontent
à l’époque du second guru. On appelle udasi les Sikhs
qui préférèrent Sri Cand, le fils aîné
de Nanak, au disciple choisi par le guru pour lui succéder.
Ils étaient enclins à l’ascétisme, et c’est
parmi eux que se recrutèrent les mahant qui géraient
les gurdvara avant 1925. De même, le septième guru,
Har Rai (1630 - 1661), choisit pour lui succéder un de ses
plus jeunes fils, Har Krisan (1656 - 1664). Les partisans de son
fils aîné, Ram Rai, constituèrent une secte
distincte, les ram raia, dont le fief est à présent
Dehra Dun, en Uttar Prades. D’autre part, certains Sikhs prétendirent
que la lignée des guru humains avait continué après
Guru Gobind. Les bandai, disciples de Banda Bahadar, ont disparu.
Mais deux mouvements de réforme nés au XIXe siècle
ont survécu autour de guru vivants. Les nirankari, apparus
au temps de Rañjit Singh, restent attachés au seul
culte du Dieu sans forme. Les namdhari sont les héritiers
de Ram Singh (1816 - 1885), qui se prétendait la réincarnation
de Guru Gobind et dont les disciples s’en prirent violemment aux
musulmans avant d’être réprimés par les Britanniques.
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