| La religion sikhe
Seule
tentative de création d'une religion puissante, encore que
menacée, à partir de l'hindouisme et de l'islamisme,
telle peut se définir la croyance des sikhs (disciples).
Nanak, leur guru (maître) fondateur, naquit
au Pendjab en 1469 dans une famille hindoue, mais fut élevé
suivant les principes égalitaires de l'islamisme. Il était
fortement opposé à l'idolâtrie et au système
des castes (qui s'avéra par la suite, comme dans le cas des
musulmans indiens, trop solide pour qu'on puisse s'y soustraire).
A l'islamisme il emprunta l'idée d'un dieu unique, mais refusa
toute personnification telle celle d'Allah. A l'instar de l'hindouisme,
il préférait considérer que Dieu se manifeste
dans tous les aspects de sa création.
Les préceptes de Nanak ont été
recueillis dans l'Adi-Granth, qui acquit aux yeux des sikhs la même
sainteté que le Coran pour les musulmans. Alcool et tabac
sont interdits par cette croyance fondamentalement pacifique.
Le
militantisme qui caractérise aujourd'hui les sikhs ne s'est
développé qu'à partir du moment où les
successeurs du guru Nanak se laissèrent entraîner dans
l'arène politique, ce qui eut, quand leurs chefs défièrent
les Moghols, des résultats désastreux pour la communauté.
Aprés l'exécution du guru Tegh Bahadur en 1675, son
fils, Gobind Singh, exhorta les fidèles à être
dorénavant toujours prêts à défendre
leur foi par les armes. Tous devaient prendre le patronyme de Singh,
qui signifie "lion" (si tous les sikhs se nomment Singh,
tous les Singh ne sont pas des sikhs), et porter un turban ainsi
que les cinq "K" : kesha (chevelure et barbe entières),
kanga (peigne pour les cheveux), kara (bracelet d'acier), kachha
(culotte courte de soldat) et kirpan (couteau).
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